



Géologie et histoire
Chennevières-sur-Marne est située à 104 mètres d'altitude sur un plateau dominant la rive gauche de la Marne et prolongeant la plaine de la Brie.
A l'ère tertiaire, les couches géologiques remplissaient la dépression de Sucy-Bonneuil jusqu'à une hauteur de 100 mètres (c'est le travail d'érosion réalisé par les eaux qui a désagrégé le plateau de Brie et donné à la falaise de Chennevières sa morphologie actuelle). Les îles du bord de la Marne sont des vestiges d'une position antérieure de la falaise, sur lesquels se sont accumulées les alluvions du fleuve.
Couches géologiques: elles sont composées de sable et de grès de Fontainebleau.
60 mètres de sédiments:
- limons de plateau
- calcaire de Brie avec meulière
- marnes (mélange d'argile et de calcaire) qui expliquent les sources visibles à flanc de coteau en bordure de la rue du Pont
- travertin de Champigny (pierre à chaux à la hauteur des escarpements de la Gare de Chennevières)
- calcaire de Saint-Ouen, sables et grès de Beauchamp
- calcaire grossier (pierre à bâtir exploitée) de Saint Maur, à ciel ouvert ou en carrières souterraines
- pieds de coteaux sur lesquels coule la Marne.
Productions d'autrefois
Cultures: en plus du chanvre et du lin, on cultivait sur le plateau des fourrages, des céréales et des pommes de terre et sur le coteau ensoleillé la vigne, la luzerne et les arbres fruitiers (pommiers, poiriers, pruniers, cerisiers, noyers).
Elevage: à la fin du 19ème siècle, 3 éleveurs possèdent une soixantaine de vaches laitières; les cultivateurs vendent également leurs oeufs.
Il y a 80 chevaux dans la commune pour la culture des terres et le transport.
Industrie: à la fin du 19ème siècle, quelques blanchisseries en gros fonctionnent pour les habitants de Chennevières et de Paris.
Un peu d'histoire...
On a découvert près du pont de Chennevières des outils, des armes de pierre, des polissoirs, des sépultures, des poteries datant de l'époque néolithique (environ 7 000 ans avant Jésus-Christ) et pouvant provenir des hameaux de pêcheurs dans les huttes qui s'élèvaient sur pilotis. Le climat est tempéré et humide et les hommes cultivaient peut être déjà le chanvre et le lin, très prospères autrefois.
Bien qu'on ignore si ses habitants, les canavérois, ont participé à la défense de Lutèce (Paris), on est certain que sa véritable histoire commence, comme pour beaucoup de villages de la Brie, vers la fin du 12ème siècle. En effet, le premier acte mentionnant "Caneveria" date de 1170.
C'est à cette époque que Louis VIII fonda l'Abbaye royale Notre-Dame d'Hivernaux de l'ordre de Saint-Victor, de Paris.
Saint-Louis y transféra les chanoines de l'abbaye de Mont-Etif fondée en 1164 par Maurice de Sully; les religieux construisirent l'église Saint-Pierre de Chennevières qui fut édifiée en paroisse en 1260. Les serfs de Chennevières furent affranchis en 1250, sur l'ordre de la reine Blanche par l'Abbé Jean de Saint-Maur, seigneur de Chennevières.
Le village a beaucoup souffert des invasions, des guerres fraticides (guerre de cent ans en 1350 et guerre de religions en 1563) et de la Fronde. Pour se défendre de l'ennemi, les habitants de Chennevières ont construit des galeries souterraines maçonnées qui partaient de l'église pour rejoindre la Marne; ces souterrains étaient utilisés pour mettre en sécurité les enfants alors dirigés vers la Varenne, les objets précieux ou les denrées convoitées par les troupes armées.
Du petit village de 1709 qui comptait alors 164 habitants, il reste "le bourg" groupé autour de l'église. Mais si plusieurs résidences se sont construites, Chennevières reste une commune à l'échelle humaine où il fait bon vivre, en dehors de l'agitation de la capitale pourtant très proche.
Les coteaux de Chennevières constituent un site classé, très sablubre, où vents et brouillards sont entraînés vers le nord par les vallées de la Seine et de la Marne. Déjà à son époque Louis XIV avait songé y construire son palais; il y renonça pour créer sa demeure dans une région "moins favorisée par la nature".
La Révolution commença à Chennevières, comme partout ailleurs, par la rédaction d'un cahier de doléances, puis la commune supporta les réquisitions sans protester.
Du 30 mars au 3 juin 1814, elle subit l'occupation des troupes russes et en 1870 Guillaume Ier y fit aussi tenir garnison à ses soldats après la bataille du plateau de Champigny.
Evolution de la population
Année | 1709 | 1837 | 1906 | 1968 | 1975 | 2006 | 2010 |
Nombre d'habitants | 164 | 681 | 1 019 | 7 016 | 17 561 | 17 651 | 17 461 |
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